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Le tourisme en Midi-Pyrénées

La légende de Pyrène

fille du roi des Bekrydes, amoureuse et enceinte d'Hercule, Pyrène s'enfuit craignant le courroux de son père. Au cours de son périple, elle fut attaquée par un ours. Hercule, entendant ses cris, accouru. Hélas, trop tard. Il enterra Pyréne dans la grotte de Lombrives avec des rochers qu'il prit à la montagne et prononça ces mots : "Afin que ton nom, ma chère Pyrène, soit conservé à jamais, ces montagnes dans lesquelles tu dors pour l'éternité s'appelleront dorénavant Pyrénées".

 


 

La légende des sabots de la vallée de Bethmale

Les Maures envahirent le Midi de la France et surtout les Pyrénées au IXème siècle. Ils occupèrent la vallée de Bethmale sous la conduite de leur chef "Boabdil". Le fils du chef s'éprit de la plus jolie fille du val. Elle s'appelait "Esclarlys", ce qui signifie "teint de lys sur fond de lumière". Esclarlys était déjà fiancée au pâtre chasseur d'isards "Darnert". Ce dernier s'était retranché dans la montagne avec ses compagnons pour organiser une vengeance.

Darnert déracina deux noyers dont la base formait un angle droit avec les racines. A l'aide d'une hache et d'un couteau, il tailla et creusa une paire de sabots (esclops) ayant la forme d'un croissant de lune avec une longue pointe effilée comme un dard. Puis un jour, les pâtres, Darnert à leur tête, firent retentir les "hillets" et livrèrent un rude combat d'où ils sortirent vainqueurs. Puis ils défilèrent dans le village. Darnert, chaussant ses sabots à longues pointes, avait accroché le coeur de la bethmalaise infidèle à gauche et celui du Maure à droite.
Depuis ce temps-là, le soir de Noël, le fiancé offre à sa fiancée une paire de sabots à longues pointes, habillés de cuir et richement décorés de pointes dorées dessinant un coeur (sur le dessus du sabot). Il offre aussi une quenouille rouge et un fuseau, le tout fabriqué avec tout son amour -- plus la pointe des sabots est longue, plus l'amour est ardent. En retour, la fiancée lui offre un tricot en laine brodé de velours et une bourse empanachée de rubans, de paillettes ou de jais.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La légende de l'or de l'Ariège

Il y a très longtemps, sur un piton abrupt, dominant la vallée, était construit un château fort de fière allure. La princesse de ce lieu s'appelait Mengarde et elle était alliée aux plus riches familles du comté de Foix, de Catalogne et d'Aragon. Elle était aussi fort belle et bien jeune. Pourtant, elle avait été mariée il y avait longtemps déjà et elle se désolait, quasiment prisonnière dans cette forteresse caillouteuse. En effet, son seigneur et maître ne s'occupait pas d'elle. Il lui préférait la guerre qu'il menait au loin dans les plaines du nord. Là, à la tête de ses rudes soldats il ne cessait de remporter victoire sur victoire. Mengarde n'écoutait pas les messagers venus l'informer de tout cela. En filant sa quenouille elle pensait à autre chose.
Un jour elle entendit sur la plus haute tour chanter des tourterelles et soudain elle se rappela avoir jadis rencontré un cousin, du nom de Pedro, avec qui elle avait beaucoup sympathisé. Elle savait qu'il s'était établi en Aragon, du côté de Boltana et qu'il était très riche. Elle en rêva toute une journée. Et plus elle y pensait, plus elle sentait l'amour naître en elle. N'y tenant plus, elle envoya un messager à ce riche cousin pour lui dire le fond de son coeur.

"Mon prince, je voudrais que vous veniez avec toute votre armée et tout votre or, prendre cette forteresse. Nul ne vous résistera. Ensuite vous aurez le pays à votre merci."
Pedro en recevant ce message se souvint très bien de Mengarde. Il l'avait trouvée jadis fort jolie et lui aussi devint follement amoureux.
"Je serai bientôt au pied de la forteresse, et j'aurai avec moi les plus fortes troupes d'Aragon et de Catalogne" fit-il savoir à Mengarde
Ce qu'il dit se réalisa. Mengarde enfin heureuse alla à la nuit venue ouvrir elle-même la porte de son château. La garnison laissée par son mari fut massacrée. Quand ils se virent, Pedro et Mengarde furent tout heureux de ne pas s'être trompés.


Quand le mari de Mengarde apprit l'invasion de ses terres, il accourut en toute hâte avec ses soldats. Mais déjà il était trop tard. Malgré sa bravoure il fut fait prisonnier et on le précipita dans le vide. Il mourut dans le torrent. Quelques jours plus tard, Mengarde et Pedro festoyaient avec ceux d'Aragon. Il y avait tant de bon gibier, tant de pâtés, tant de gâteaux aux amandes arrosés d'un bon vin de Catalogne que les lumières restèrent tardivement allumées. Les guetteurs virent pourtant tout au bout du sentier un vieil homme chenu, à longue barbe blanche, appuyé sur un bâton noueux, gravir péniblement la rocaille. Arrivé devant la porte, il demanda à rencontrer Mengarde.
"Qui es-tu et que me veux-tu ?" s'écria-t-elle, fort en colère d'être ainsi dérangée.
Le vieillard posa longuement sur elle un regard à la fois grave et triste. Enfin il parla.
"Noble dame, alors que tu festoies et dépenses beaucoup d'or, tout le pays est dans la misère. Ta trahison sème partout la désolation. Il est temps de chasser l'étranger."
Mengarde pleine de colère s'écria :
"Jetez ce fou du haut des remparts."
Elle venait à peine de prononcer ces mots qu'un éclair éblouissant sillonna le ciel, suivi presque aussitôt d'un grondement qui ébranla les monts. Un flot venu de nulle part envahit le château, fit tomber les murailles et emporta le prince aragonais et ses soldats. Il ne resta bientôt que la seule Mengarde isolée sur un rocher. Devant elle se trouvait le vieillard. Il lui dit :
"Tu as honteusement trahi ton pays, tu as trompé ton seigneur. Tu seras désormais, pour l'éternité, transformée en torrent. Tu n'iras pas vers l'Aragon mais vers le pays de Foix. Tout l'or que tu as accumulé dans ton château a été emporté vers la plaine et après chaque orage les flots charrieront mille paillettes."

C'est ainsi que l'Ariège devint le paradis des orpailleurs qui recherchent encore l'or de la traîtresse Mengarde.

 

 


 

 

La légende de l'étang de Lers

A une quinzaine de kilomètres de Massat sur les montagnes que domine le Pic du Mont Béas, sommeille un plan d’eau de quelques deux hectares de superficie : c’est l’Etang de Lers.Depuis une époque lointaine et peut être dès les temps préhistoriques, de vastes pâturages s’étendaient dans ses parages et la tradition nous laisse croire qu’un village s’élevait autrefois à l’emplacement du lac actuel.

Cependant la malédiction s’abattit sur le village quelques temps après le passage d’un mendiant à qui la population villageoise, ce soir là en fête de fin d’estive, avait refusé l’hospitalité pour la nuit.

L’homme rejeté par les villageois passa donc son chemin et rencontra guerre plus loin sur le chemin du Col d’Eret (ou col Dret) un pauvre berger et sa fille qui lui ouvrit sa chaumière et l’accueillit chaleureusement.

L’homme vêtu de haillons leur annonça une nuit terrible : « Les gens du village m’ont repoussé et la colère céleste va se manifester, tout va être englouti, seuls ta fille et toi serez épargné, mais je vous recommande surtout de ne pas vous retourner même une seule fois car vous seriez aussitôt changés en pierre. »

Comme l’homme l’avait annoncé, tonnerre et trombes d’eau se succédèrent. L’énorme avalanche de terre et de pierres se détacha du flanc des montagnes et vint engloutir maisons et habitants. Elle combla en même temps l’écoulement normal des eaux et celles ci en s’accumulant dans la dépression ainsi constitué formèrent l’étang de Lers.

Mais au moment du cataclysme, la jeune Pascaline ne put résister à sa curiosité, se retourna et fut aussitôt changée en pierre. Non loin des rives du lac sur le chemin qui conduit au Col d’Eret, on peut voir la jeune Pascaline figée pour toujours dans la pierre.